Les Voeux

Au bout d'un an de noviciat, le novice prononce des vœux « simples », pour quelques années (3 ou 4) avant la profession « solennelle » c'est-à-dire perpétuelle.

Ces années d'engagement sont vécues comme définitives et cependant ne le sont pas : ultime prudence de l'Église face à un engagement difficile. La profession solennelle, prononcée comme on l'a dit « jusqu'à la mort » marque le don total de soi-même à Dieu, à l'Église et aussi à l'Ordre que l'on a choisi.

La profession – surtout solennelle – est un cap. Elle a un avant et un après, celui du « pour toujours ». Cela peut donner le vertige. Curieusement, la période qui précède l'engagement peut donner lieu, comme dans le cas des fiancés au seuil de se marier, à un retour de blessures anciennes, blessures affectives et familiales, de toutes sortes. Comme si le don de soi par amour, dans un acte qui concentre toute sa capacité d'aimer, faisait remonter la vase du fond du cœur. Cela montre à quel point tout est assumé dans le don d'amour, et que tout ce qui n'est pas assumé n'est pas sauvé. C'est lorsque le cœur est amoureux qu'il est capable de guérir ce qui a pu le blesser.

S'engager, c'est poser un acte libre. La liberté fait peur alors qu'elle devrait être comprise comme un accomplissement, l'accès à un déploiement de ses capacités. Comme son nom l'indique, la liberté libère, mais elle ne peut libérer que lorsqu'elle s'exerce en se fixant sur un bien qu'elle choisit. Aimer, c'est choisir librement et se tenir à son choix.

Prononcer des vœux, c'est exprimer le propos de vivre désormais certaines valeurs évangéliques et de les vivre toute sa vie. Vouer, c'est engager l'avenir par une promesse.

D'après "La vocation dominicaine" Parole et Silence - 169 p. - 2007

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