Les démarches du Père Cormier pour acquérir les Jacobins de Toulouse

 

La ville de Toulouse est entrée en possession des Jacobins (jusque-là occupés par l’armée) au début de 1865. Cependant, dès 1855, la Ville se demandait quelle destination donner à l’ensemble monumental, étant entendu que l’église serait rendue au culte. Dès lors les Dominicains pouvaient se présenter comme acquéreurs éventuels.


Les premières ouvertures à cet effet sont l’œuvre du P. Cormier en 1868, au terme de trois ans de son premier provincialat (la province de Toulouse avait été rétablie le 4 juillet 1865 et Cormier institué provincial le 17 octobre suivant, alors qu’il n’avait pas encore tout à fait trente-trois ans). La deuxième étape est marquée par le chapitre provincial de 1869, qui donne au provincial Cormier le mandat de reprendre possession des reliques de S. Thomas d’Aquin en même temps que de l’église des Jacobins dans laquelle elles étaient placées jadis.
Dès lors Cormier va déployer beaucoup d’énergie pour remplir ce programme. Il se propose, à l’horizon du sixième centenaire de la mort de S. Thomas (le 7 mars 1874) de racheter et de restaurer l’église afin d’y rétablir le culte, d’y ramener les reliques de S. Thomas dont on ferait un centre de pèlerinage, d’y établir un studium generale pour l’enseignement de S. Thomas qui attirerait des professeurs et des étudiants de toutes les provinces de l’Ordre.
Les difficultés et les ennuis n’ont pas manqué, sans jamais lasser ni décourager l’audace du provincial, qui a fait preuve de décision, d’efficacité et de rapidité, qui a eu le mérite de persévérer en dépit des ennuis et des atermoiements. Le P. Cormier n’a pas vécu cette négociation avec la Ville comme une simple affaire administrative, mais comme une démarche spirituelle baignant dans le prière, placée sous le signe de S. Thomas d’Aquin, menée en espérant contre toute espérance (Rm 4, 18) à la manière d’Abraham.
Si la négociation a échoué (car, pour finir, la Ville a attribué l’ensemble des Jacobins à l’agrandissement du lycée), ce n’est pas du fait du P. Cormier, qui écrivait de ses démarches : « Dussent-elles ne pas aboutir, je ne regretterais ni mon temps, ni ma peine, ni même les contrariétés que j'ai rencontrées, car je suis sûr que S. Thomas nous rendra cela d'une manière ou de l'autre .»

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