Saint Dominique et l’Inquisition ?

 

Saint Dominique ne fut-il pas à l’origine de l’Inquisition ? Que doit-on penser d’une telle Institution ? La question est souvent posée et elle montre d’une part que saint Dominique est mal connu, et que l’Inquisition ne l’est pas moins.

 

Pour ce qui concerne saint Dominique, “signalons que la légende tenace qui fait de lui un Inquisiteur lui-même, voire le fondateur de l’Inquisition est totalement erronée”. Ainsi s’exprime Jacqueline MARTIN-BAGNAUDEZ dans son petit ouvrage sur l’Inquisition : les dates lui donnent raison (le tribunal de l’Inquisition a été institué en France en 1231, saint Dominique est mort en 1221), mais plus encore ce que fut la vie même de saint Dominique. Pour en savoir plus sur ce très grand saint, soucieux de la vérité, riche en miséricorde, passionné du salut des âmes, on se reportera à l’un des ouvrages suivants :

  • M. H. Vicaire, Dominique et ses Prêcheurs, Paris/Fribourg, Cerf/Editions universitaires de Fribourg, 1977 (recueil d’articles)
  • M. H. Vicaire, Histoire de saint Dominique en 2 volumes, Paris, Cerf, 1982 (une somme, avec tous les documents)
  • G. Bédouelle, Dominique ou la grâce de la Parole, Paris, Fayard, 1982 (un ouvrage personnel)
  • J. R. Bouchet, Saint Dominique, Paris, Cerf, 1988 (une série de petits tableaux).

Pour ce qui concerne l’Inquisition, rappelons d’emblée que l’on fausse toute une réalité historique à lui appliquer les sentiments, les appréhensions, bref les catégories d’une autre époque que celle à laquelle elle est née : pour juger de l’Inquisition, “il faut une âme d’ancêtre” dit magnifiquement l’historien E. Vacandard. Il ne s’agit aucunement de taire les excès de l’Inquisition, de se glorifier de ses errements, mais de comprendre en vérité, c’est-à-dire à partir de son époque, ses objectifs, sa mise en place, son développement. Les historiens s’y essayent, en tenant compte de tous les aspects de la question, à savoir les conditions politiques et religieuses de l’époque, les objectifs initiaux de l’Inquisition, le contrôle exercé par le pontife romain, l’implication réelle des dominicains et des franciscains, le rôle joué par le “pouvoir séculier”, les dérives espagnoles etc. : presque tous nuancent considérablement les jugements extrêmement négatifs, hâtifs et partiaux, que l’on porte si facilement aujourd’hui sur l’Inquisition. On ne peut que renvoyer à leurs travaux :

  • E. Vacandard, Article “Inquisition” du Dictionnaire de Théologie Catholique (un travail de pionnier, qui date un peu, mais garde l’essentiel de sa valeur)
  • J. Guiraud, L’Inquisition médiévale, Taillandier, Paris, 1978 (un aperçu assez personnel d’un grand journaliste, très soucieux de vérité)
  • J. P. Dedieu, L’Inquisition, Coll. “Bref”, Cerf, Paris, 1987 (un petit ouvrage, mais une somme)
  • J. Martin-Bagnaudez, L’Inquisition, mythes et réalités, DDB, Paris, 1992 (petit ouvrage lui aussi, non moins complet que le précédent)

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