Ce que vous avez fait aux plus petits

Homélie des obsèques du frère Jean-Max Hugues Homélie du fr Jean-Pierre-Arfeuil au couvent de Toulouse Ap 11, 4-12 ; Lc 20,27-40


Chers frères et sœurs,
Au cœur de cette eucharistie nous faisons mémoire de notre frère Jean-Max Hugues, Vicaire provincial de notre Vicariat d’Haïti.
Heureuse coïncidence providentielle, la liturgie de ce jour nous oriente vers le témoignage. D’abord, nous fêtons Ste Cécile, dont, par delà les légendes, nous savons qu’elle a témoigné de sa foi au Christ jusqu’à la mort dans le martyre.
La lecture de l’Apocalypse (Ap 11,4-12) évoque la figure mystérieuse de ces deux témoins qui, leur témoignage achevé, sontt vaincus par la puissance mortifère de la Bête, mais re-suscités par l’Esprit de vie et appelés au ciel. L’Evangile (Lc 20,27-40) enfin évoque le témoignage de Moïse : le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
En 1960, c’est -si j’ose dire- par une  heureuse erreur que Jean-Max est rentré dans l’Ordre, dans notre province, pensant qu’elle poursuivait encore sa mission au Brésil. Cette vocation à la mission en terres lointaines, il l’a vécue pendant 24 ans au Pérou, puis après un séjour de quelques années à Montpellier où il a été prieur, en Haïti depuis 10 ans.
C’est là-bas que j’ai eu la joie de mieux le connaître.
Je sais bien qu’il avait quelques défauts, un caractère pas toujours facile et une grande réserve dans les échanges fraternels, mais je peux dire de lui, en toute vérité et avec une immense admiration, ce que d’aucuns disaient de S. Dominique : j’ai  eu le privilège de rencontrer en lui un homme véritablement évangélique dans son zèle pour la mission, sa générosité apostolique sans limites, la pauvreté de sa vie, acceptant tout naturellement les conditions de vie et de travail les plus précaires et les plus austères. Jusqu’au bout, à l’extrême limite de ses forces, il « donné sa vie pour la mission » pour reprendre le titre d’une lettre du Maître de l’Ordre, le fr. Timothy Radcliffe.
Opéré depuis peu d’un cancer du colon, il a encore mobilisé toute son énergie au point de faire deux voyages à Pierre Payen pour tenter de sauver cette mission qui lui tenait tant à cœur, dans un contexte social, économique et religieux tellement difficile.
Pour moi, dans la tristesse marquée de quelque inquiétude, je vis notre célébration d’aujourd’hui dans l’action de grâce pour son témoignage jusqu’à  la mort.
Nous nous unissons à celle qui aura lieu dans quatre heures à Port au Prince, dans l’église du Sacré Cœur, tout près du CIFOR pour qui il a tant œuvré. Présidée par l’archevêque, elle réunira autour de lui, avec nos frères et nos sœurs dominicaines, ses nombreux amis, prêtres, religieux et laïcs dont beaucoup en Haïti m’avaient confié à quel point ils avaient de l’estime, de l’affection et de la reconnaissance pour ce qu’il était et ce qu’il faisait.
Il a sacrifié sa vie ; que le Dieu des vivants accueille cette offrande et ouvre les portes du ciel dans  la paix, la joie et la lumière à ce témoin de l’Evangile du salut, et que Jésus-Christ, le Témoin fidèle, les garde ouvertes aussi pour notre frère Jean Budillon dont nous célèbrerons les obsèques lundi prochain.

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