Décès père Albert-Marie (Jacques) Jomier

 

Le Père Jomier est mort le dimanche 7 décembre à 8 h du matin, à la clinique de Villefranche-de-Lauragais où l’hôpital de Rangueil l’avait envoyé suite à son hospitalisation d’urgence le jeudi 4 décembre. Malgré les soins qui lui ont été prodigués (et peut-être à cause d’eux), le Père, dont l’organisme de 94 ans était usé n’a pas pu surmonter l’épreuve, comme il l’avait fait si souvent dans les années précédentes.


Son décès laisse un grand vide dans la maison car il y avait une présence de grande qualité, s’intéressant à tout, voulant être au courant de tout. Il souffrait de n’avoir plus d’oreilles, comme il le disait. On se souvient de lui, arrivant à la récréation de midi et, après avoir reçu son canard, cherchant à côté de qui il s’assiérait pour engager la conversation.

 

Ses obsèques ont été célébrées dignement le mercredi 10 décembre 2008.  Il parait qu’il aurait dit qu’il ne voulait pas de polyphonie, aussi le frère chantre en a-t-il mis le moins possible ! Comme prieur de Toulouse j’ai présidé. J’avais demandé au frère Regis MORELON qui fut longtemps directeur de l’IDEO du Caire de faire la prédication. Il a évoqué plusieurs souvenirs personnels et souligné l’importance de l’œuvre du P. Jomier, en particulier dans le domaine de la littérature en arabe, ce qui lui a valu une grande notoriété. On nous avait d’ailleurs signalé que l’écrivain égyptien de renom, Gamal al Ghitany, avait publié le matin même dans le grand quotidien Al Akhbar, une notice sur le P. Jomier. Elle nous sera communiquée ultérieurement.
Le frère Joseph d’Amécourt, actuel prieur du Caire, était providentiellement présent, faisant des cours aux étudiants de l’ISTA. L’Archevêque avait délégué un vicaire épiscopal, au demeurant grand ami du P.  Jomier, l’abbé Jean-Jacques ROUCHI. Le Père Jourdain MONNOT du couvent de l’Annonciation avait fait le déplacement. Les divers couvents de la Province étaient représentés ou auraient désiré l’être si la neige et autres intempéries survenues fort mal à propos ne les en avaient pas empêchés. Avec les prêtres de l’ISTA, cela faisait une impressionnante couronne de prêtres.
La famille du Père Jomier était venue nombreuse, une bonne vingtaine de personnes : une belle-sœur, la dernière de cette génération, habitant Auxerre ; des neveux et des nièces. Mais Augustin Jomier son petit-neveu très aimé étant à Gardaia n’avait pas pu faire le déplacement. Ses parents étaient présents.
Comme nous le faisons d’habitude, et comme nous avons eu malheureusement trop souvent l’occasion de le faire ces derniers temps, nous avons célébré la messe à midi, suivie de l’absoute puis à 14 h 30 du départ au cimetière. A la fin de la messe Marie Belan, une nièce, a donné un beau témoignage tout rempli des souvenirs affectueux de la famille du Père.
Nous avions convié la famille du Père Jomier au repas. Puis nous avons pris le bus que nous avions commandé pour aller tous ensemble à Terre-Cabade (Salonique) où nous avons un nouveau caveau, acquis récemment, mais déjà occupé par quatre frères (fr. Autran, Therme, Budillon et Jomier). Il soufflait un vent du Nord persistant qui n’incitait pas à s’attarder.  
Pour finir on peut dire que, si grand savant ait-il été, le Père Jomier était avant tout un religieux. Il aimait notre vie communautaire et ne manquait aucun de nos chapitres, sauf ceux, récemment, où il y avait des échanges auxquels il n’entendait pas ce qui se disait. Il priait longuement et portait dans sa prière le ministère des uns et des autres. Il a participé à l’Office autant qu’il l’a pu. Et tout le monde se souvient de son psautier aux gros caractères qu’il allait chercher dans l’armoire avant les Offices. On le voit encore assis dans le cloître ou dans le jardin, égrenant son chapelet.
Ce fut une grande joie pour lui et pour nous de pouvoir fêter avec lui, le 4 octobre 2008, jour de la solennité de saint François, ses 75 ans de profession religieuse. Il faut pour cela avoir commencé tôt, avoir vécu longtemps et être longuement resté fidèle. Après le repas, que nous avons essayé de ne pas prendre trop rapidement pour lui laisser le temps de mâcher tout à son aise (nous avons appris par ses neveux et nièces que c’était une tradition familiale !), nous nous sommes retrouvés au café pour qu’il nous fasse part de quelques souvenirs. Et il n’en manquait pas, qu’il gardait très vifs dans sa mémoire restée fidèle, et dont il avait noté quelques uns sur un grand papier qu’il sortit subrepticement à un moment d’hésitation. A cette occasion le P. Jomier avait reçu une missive du Pape [Cf. p. 20], grâce à l’entremise efficace du frère Loïc-Marie LE BOT. Il en était très fier, mais il s’est ensuite beaucoup tracassé pour savoir s’il devait répondre et comment il convenait de le faire.
Que le Père JOMIER repose en paix. Que le Père de toute miséricorde l’accueille auprès de lui et lui donne la place qu’il a promise à ses bons serviteurs.
                    fr. Alain Quilici OP
Toulouse

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