La Réunion - juin 2014

La Semaine Sainte a été belle aussi bien à la cathédrale qu’à l’Assomption ou chez les moniales dominicaines. L’office des Ténèbres a été très suivi à la cathédrale.

La paroisse de la cathédrale fait preuve de rayonnement et de dynamisme : catéchèse des enfants, célébrations des mariages et des baptêmes, conférences, chorales … L’Assomption, qui n’est pas paroisse, rassemble une assemblée fidèle. Nos sœurs moniales dominicaines ont célébré le 1er mai la profession solennelle de sœur Marie-Bernadette et la profession simple de sœur Marie-Patricia le 8 mai. Le monastère attire des jeunes vocations réunionnaises. La qualité de sa vie contemplative le mérite !
Le frère Jean-François veille en tant que syndic au bon fonctionnement de notre maison. Grâce à lui, nous avons aussi de bons offices liturgiques. Réunionnais, né à Saint-Denis, il connaît beaucoup de monde dans la capitale, ce qui facilite le lien avec la population de l’île et sa culture.
Le frère Jean-Denis continue son travail à la radio.   
Nous attendons l’arrivée des trois frères qui seront assignés au mois de septembre et d’octobre : le frère Henri-Dominique de Speville, le frère Thomas de Gabory et le frère Marie-Ollivier Guillou.
Les îles de l’Océan Indien sont « cousines » et l’Église œuvre pour développer les liens entre elles. La  CEDOI rassemble chaque année des représentants de La Réunion, Maurice, Seychelles et Mayotte. La Conférence Épiscopale de l’Océan Indien fait partie de la Confédération des conférences épiscopales d’Afrique. Aujourd’hui, une trentaine de prêtres malgaches travaille à La Réunion.
Malheureusement les vocations presbytérales sont de plus en plus rares dans notre Département français. La solidarité entre les îles s’avère féconde pour la mission apostolique au service d’une population caractérisée par sa jeunesse. Quatre Réunionnais sur dix sont âgés de moins de 26 ans.
Après Pâques, nous étions trois frères à Madagascar : le frère Chrystophe, le frère Benoît-Joseph pour son premier voyage à la Grande-Ile et moi-même.
À Antsirabé, les sœurs dominicaines de la Délivrande avaient retenu la maison spirituelle des Pères de la Salette pour les deux sessions de formation sur le charisme dominicain. La première session concernait des jeunes, garçons et filles, attirés par la vocation dominicaine. La deuxième session a rassemblé les membres de la première session plus la Fraternité laïque de Tananarive. Le dimanche 27 avril nous avons célébré les canonisations de nos saints papes Jean XXIII et Jean-Paul II ainsi que l’entrée des douze laïcs dans la Fraternité saint Dominique de Tananarive. Les membres de la Fraternité de la capitale étaient arrivés dès le samedi pour se préparer spirituellement à cet heureux événement. Un « bourgeon » de nouvelle Fraternité laïque grandit à Antsirabé en lien avec nos sœurs dominicaines.
Par ailleurs, j’ai donné deux cours de théologie à l’Université Catholique de Madagascar (UCM) : un cours sur la théologie de la communication aux étudiants en master de théologie et un cours sur la doctrine sociale de l’Église à une centaine d’étudiants en master de droit, économie et sociologie. L’UCM est considérée comme l’une des meilleures universités de Madagascar. Les étudiants en sciences sociales sont majoritairement protestants compte tenu de l’évangélisation des élites malgaches au cours de l’histoire par des protestants de l’Europe du nord.
C’est avec joie que j’ai reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour le travail accompli par le frère Denis Foucher à Madagascar. Les séminaristes qu’il a accompagnés et formés pendant plusieurs années sont maintenant prêtres dans les différents diocèses des hauts-plateaux. D’autres frères dominicains qui se sont rendus à Madagascar ont marqué aussi les étudiants en philosophie et en théologie : frère Richard Beaud, frère Luc-Thomas Somme …
Les évêques, les responsables des séminaires et des congrégations religieuses sans oublier l’UCM adressent aux frères dominicains une demande unanime : « Venez nous aider dans la formation. » Les séminaires et les noviciats accueillent de nombreux candidats mais il leur manque des professeurs et des formateurs. Au séminaire d’Antsirabé où ont lieu les études philosophiques il y a 155 étudiants cette année et ils seront 200 l’an prochain.
Les frères Chrystophe et Benoît-Joseph ont rencontré aussi les jeunes filles postulantes de la Congrégation des sœurs dominicaines de la Délivrande et les laïcs dominicains de la Fraternité de Tananarive. C’est avec joie que la Famille dominicaine à Madagascar les a reçus pour des enseignements en souhaitant développer ces liens. Le frère Chrystophe a pu s’adresser à eux dans leur langue maternelle sans avoir recours aux traducteurs. Les étudiants de la Fraternité connaissent bien le français. Il s’avère nécessaire de parler malgache lors des célébrations et des conférences données à d’autres milieux sociaux. La langue malgache, d’origine asiatique, est belle mais elle ne va pas sans peine. Les volontaires américains envoyés à Madagascar parviennent à se débrouiller en malgache au bout de trois mois de formation intensive et ciblée à la campagne.
Les frères Chrystophe et Benoît-Joseph ont concélébré la messe du dimanche matin à Akamasoa, chez le père Pedro, qui ce jour-là était absent. Célébration pascale énergisante où 8000 personnes dont 2000 enfants chantent et dansent pour fêter le triomphe de l’amour du Christ sur les puissances de mort.
Par ailleurs, le frère Benoît-Joseph a pu rencontrer plusieurs évêques et des responsables des congrégations religieuses à Tananarive et à Antsirabé.
Madagascar est un pays riche avec des gens pauvres. 92% des 22 millions de Malgaches vit en dessous du seuil de pauvreté. Le nouveau gouvernement suscite l’espoir. La communauté internationale a mis fin aux sanctions qui ont suivi les événements politiques de 2009 qui demeurent gravés au fer rouge dans la mémoire des Malgaches comme une époque de malheur et de misère.
In spe,

fr. Manuel RIVERO, o.p.

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