Fraternité sacerdotale « Bienheureux Bertrand de Garrigues »

Le 10 décembre 2001, dans le cadre du couvent dominicain de Marseille, était fondée la seconde fraternité sacerdotale dominicaine de France regroupant des prêtres séculiers du diocèse de Nîmes (Gard).

C’est à la suite d’une rencontre fraternelle, en fin d’année 2000, que nous avons évoqué à plusieurs la possibilité de nous retrouver pour partager notre vie spirituelle en échangeant sur le contenu du livre intitulé Je vous appelle amis du frère Timothy RADCLIFFE, alors Maître Général de l’Ordre des Prêcheurs.
Connaissant l’existence d’une fraternité sacerdotale à Toulouse, un contact fut pris avec elle en juillet 2001 pour nous informer de ce qu’elle vivait. Notre attention fut attirée par la règle de vie élaborée pour les fraternités sacerdotales de saint Dominique, à l’initiative de la Congrégation pour les Religieux en 1967 et approuvée par l’Ordre en 1971. Elle était reconnue ad experimentum par la Congrégation pour les religieux en 1972 et d’une manière définitive par la même congrégation le 3 décembre 1996.
Ainsi, il nous a été possible de nous mettre à l’école de saint Dominique (1170-1221) en fraternité locale, pour mieux vivre au sein d’un même presbytérium notre mission de prêtres diocésains, aidés par l’Ordre dominicain.

La constitution Lumen Gentium (n°28) et le décret Presbyterium Ordinis (n°8) inscrivaient notre démarche dans les recommandations conciliaires, de même que plusieurs canons du Code de droit canonique de 1983.
Enfin, notre recherche prenait tout son sens sur notre diocèse puisqu’il a été marqué par la présence de saint Dominique en Languedoc et plus particulièrement par des couvents dominicains à Nîmes, Alès et Génolhac ainsi qu’à deux grandes figures de l’Ordre en la personne du bienheureux Réginald d’Orléans, originaire de Saint-Gilles, et du bienheureux Bertrand de Garrigues, compagnon de saint Dominique et originaire du village de Garrigues-Sainte Eulalie près d’Uzès, tous deux inscrits au calendrier liturgique diocésain et fêtés respectivement les 12 février et 6 septembre.
Après un excellent accueil des frères Alain Quilici et Jean Legrez, ainsi que des frères du couvent de Marseille, auquel notre fraternité sacerdotale est rattachée, nous nous sommes retrouvés mensuellement afin de mieux nous imprégner de l’esprit de saint Dominique, et de faire le lien entre notre ministère et la vie dominicaine.
Nous nous sommes sentis soutenus par nos frères de la première fraternité sacerdotale de Toulouse fondée en 1986 à l’initiative du frère Jean-Louis Bruguès, actuel évêque d’Angers.
Au cours d’une rencontre, début décembre 2001, avec notre évêque, Monseigneur Robert Wattebled, nous avons pu échanger sur notre projet de fondation et recueillir son consentement. Le 9 décembre 2002, en la solennité de l’Immaculée Conception, nous faisions profession de vivre selon la règle des fraternités sacerdotales de saint Dominique pour 3 ans. L’engagement des quatre premiers membres, tous prêtres du diocèse de Nîmes, permettait ainsi l’érection canonique de la Fraternité Sacerdotale, sous le patronage du bienheureux Bertrand de Garrigues.
Durant ces deux premières années, nous avons eu la joie de faire connaissance avec divers lieux dominicains dont les monastères de moniales de Lourdes, Saint-Maximin et Paray-Le-Monial. Nous nous retrouvons avec l’autre fraternité pour vivre notre retraite annuelle et participons au Pèlerinage du Rosaire.
Nous recevons le soutien d’un assistant religieux dominicain qui participe à nos rencontres mensuelles et sommes aidés dans nos réflexions sur de nombreux sujets (Bible, spiritualité, histoire de l’Ordre,…) par plusieurs frères du couvent selon leurs compétences.
Comment ne pas rendre grâce au Seigneur pour ce don de l’Esprit Saint qui nous a été fait, et qui nous incite à acquérir une plus grande perfection de vie et un souci d’évangélisation par la Parole de Dieu.
L’Amour de Dieu qui brûlait le cœur de Dominique d’une ardente miséricorde envers les hommes pécheurs, ne doit-il pas nous inviter à vivre davantage à la manière des apôtres, comme au temps de Dominique, et à rechercher le bien des âmes ? C’est que nous nous efforçons de vivre en fraternité.

Pères Dominique Marie et Philippe Jullien

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