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Le grand orgue de l'église conventuelle
des Dominicains de Toulouse

Historique de l'instrument

Photo de l'orgue des Dominicains  
 

L'orgue a été conçu dans les années 1950-1960 par le facteur d'orgues Pierre CHERON, à qui les Dominicains ont fait appel après qu'ils aient "ressuscité" le grand orgue de la Basilique de Saint-Maximin dans le Var. Dès 1960, le buffet et la structure interne sont installés, mais des difficultés d'ordre extérieur intervenant, les travaux sont interrompus alors que la moitié de la tuyauterie est sur place.

Vers 1970, le couvent des Dominicains est le lieu d'un important renouveau liturgique autour de la musique du P. André GOUZES qui, avec l'énergie et la ténacité qui le caractérisent, relance l'achèvement de l'instrument, en le confiant à Pierre CHERON et à la Manufacture Française des Grandes Orgues, animée par Yves SEVERE. En accord avec Xavier DARASSE, alors conseiller du Couvent, les facteurs décident de s'en tenir à la conception première de l'instrument, afin de lui faire tenir son rôle de témoin historique de la facture d'orgue du XXe siècle. Les travaux reprennent en 1974 et se terminent en 1977 ; l'orgue est inauguré par Louis THIRY et l'organiste titulaire Gilles DESROCHERS, le 20 février 1977.

L'orgue comprend alors 57 jeux répartis sur trois claviers et pédalier. Ils sont alimentés par une soufflerie à basse pression 1 , sans soufflet, avec régulation propre à chaque sommier. L'alimentation en vent et la mécanique de cet instrument sont quelques unes des caractéristiques qui font de cet orgue un témoin rare de la facture d'orgue de notre époque. M. Thierry SEMENOUX 2 écrivait à ce propos : "L'orgue des Dominicains, qui a marqué dans sa conception une étape importante de la facture d'orgue française de la seconde moitié du XXe siècle, reste ce témoin privilégié de la recherche qui a animé un certain nombre de pionniers au sortir d'une période peu faste de la vie de l'orgue en France dans la période 1920-1950".

Les travaux effectués entre février 2000 et mai 2001 ont eu pour but de moderniser l'orgue par la pose d'un combinateur 3 , la mise en place d'une boîte d'expression et l'adjonction d'un basson-hautbois 8, une trompette 8 et d'un ondulant 8 sur le récit. La quinte 5 1/2 à la pédale a été modifiée en quinte 10 2/3.

M. Thierry SEMENOUX concluait : "Les ajouts et adjonctions ont été voulus par le titulaire, M. Gilles DESROCHERS; le propriétaire, l'association VERITAS, au nom du Couvent des Dominicains, le Maître d'ouvrage délégué, l'Association LACORDAIRE. On pouvait craindre que ces interventions dénaturent la personnalité de l'orgue. Grâce à la vigilance apportée, et surtout à la façon de travailler et au talent du facteur d'orgues Jean-Pierre CONAN, l'orgue des Dominicains, loin de perdre son "image sonore", a franchi une étape que ses créateurs ne pourraient renier. Signalons à cet égard que M. CONAN n'a pas craint d'entendre les remarques et propositions qu'à pu lui faire, durant la durée des travaux, le facteur d'orgues Yves SEVERE. L'orgue des Dominicains peut être désormais considéré comme "achevé", au sens du programme de travail de réhabilitation, et au sens de sa très claire identité esthétique. Il est et reste une illustration de ce que l'esthétique néo-classique a pu donner de mieux dans notre pays."

Détail de la composition de l'orgue >>




1. De 35 mm à 50 mm.
2. Alors Expert-organier auprès de la DMDTS, auteur du rapport de réception des travaux de l'orgue des Dominicains établi le 2 juin 2001 d'où sont extraits les passages cités. Depuis Technicien-Conseil auprès du Ministère de la Culture et de la Communication.
3. Installé par Joël PETRIQUE, il comprend : 61 espaces de 20 séries de 10 combinaisons, 2 crescendos, 1 plenum et 1 tutti programmables, et un séquentiel -1 et +1.


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